Cap-Haïtien, une encyclopédie historique, selon la journaliste Hélène Clément

24.08.2013 Hélène Clément
L’une des maisons très colorées de Cap-Haïtien.

Cap-Haïtien — Tour à tour Guarico, Cap-Français, Cap-Haïtien, Cap-Henri et à nouveau Cap-Haïtien… Anciennement fief historique des planteurs blancs, des marrons, de l’armée de Toussaint Louverture, du roi Henri Christophe. La deuxième ville d’Haïti conserve la mémoire de son passé. On y retrouve une concentration de maisons coloniales et de monuments historiques, dont certains sur la liste du patrimoine de l’UNESCO. Zoom sur Cap-Haïtien et sa région.

Cap-Haïtien. Okap en créole. Le Cap pour les intimes. Au regard de son passé glorieux, les voyageurs sont invités à inscrire cette ville coloniale du département du Nord dans leur vade-mecum avec la mention « à voir ».

Surpeuplée sans être aussi turbulente que Port-au-Prince, Cap-Haïtien possède un potentiel historique, architectural et culturel étonnant. Reconquérir l’espace et faire de cette municipalité de quelque 250 000 habitants une ville d’imagination, capable de faire épanouir la personnalité collective, est le but d’Eddy Lubin, chargé de mission au Bureau régional Nord du Tourisme.

Un objectif qui ne vise pas que Le Cap, mais aussi tout le « Grand Nord » haïtien, composé de trois départements géographiques : le Nord-Ouest, dont le chef-lieu est Port-de-Paix, le Nord, dont le chef-lieu est Cap-Haïtien, et le Nord-Est, dont le chef-lieu est Fort-Liberté.

« On retrouve dans cette région tous les moments et tous les témoins de l’organisation spatiale de l’époque coloniale française, explique Eddy Lubin. Ça et là des sucreries, des briqueteries, des cotonneries, des indigoteries, des caféières… Puis, il y a eu la période postindépendance et les grandes périodes qu’illustrent la citadelle et le palais de Sans-Souci. Il règne dans le nord une forte résistance qui intègre moments de lutte et diversité des cultures : amérindienne, espagnole, française, anglaise, africaine. Il ne reste qu’à mettre en valeur ce patrimoine en vue de renforcer le sentiment d’appartenance qui somnole chez les gens du Nord. »

Les ruines du palais Sans-Souci, à Milot.

Ce matin-là, à la cathédrale Notre-Dame de Cap-Haïtien, des enfants célèbrent leur première communion. L’ambiance est à la fête sur la Place d’Armes. Mais ce ne fut pas toujours le cas à cet endroit tristement célèbre pour ses nombreuses exécutions durant l’époque coloniale. C’est là qu’en 1791 fut exposée la tête de l’esclave Dutty Boukmann, meneur de la révolte de Bois-Caïman, l’une des plus violentes et des plus structurées des esclaves contre les colons.

Cap-Haïtien est une encyclopédie. On lit son histoire en scrutant le tracé à angles droits des rues, les maisons coloniales ornées de fer forgé, les sculptures. Comme celle en bronze, à la gloire des héros de la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803. De la lutte épique qui s’est déroulée en bordure de Cap-Haïtien ne subsiste, Place Vertières, que cette statue grandeur réelle.

Située à quelque 250 kilomètres de Port-au-Prince, il faut compter sept à huit heures de voiture pour se rendre à Cap-Haïtien par la N1, via les Gonaïves. Pour le touriste limité dans le temps, l’avion est donc une alternative et donne l’occasion de voir, depuis le ciel, la monumentale Citadelle.

Au sommet du pic Laferrière du Bonnet-à-l’Évêque, la citadelle du roi Henri-Christophe.

Car, si le touriste vient au Cap pour l’histoire et le patrimoine bâti, les distilleries artisanales, le poulet aux noix de cajou (spécialité de la place), ou pour courtiser les plages de Labadie, bien connue des croisiéristes qui voguent sur l’Oasis of the Seas de la Royal Caribbean Cruiseline, c’est avant tout pour la Citadelle et le palais de Sans-Souci que l’on fait le voyage.

L’avion à hélices effectue un grand virage à gauche, puis un autre à droite. Partout, la montagne. Et puis surgit comme ça, ex abrupto, sur la cime du mont Bonnet-à-l’Évêque, la fameuse Citadelle. On a un frisson de plaisir. Le beau temps permet de voir les trois pics (Laferrière, Diamants et Ramiers) dont la forme rappelle sans contredit la mitre d’un évêque.

Difficile de cacher son émerveillement devant ce que les Haïtiens qualifient de huitième merveille du monde. On a affaire ici à une forteresse phénoménale construite par le roi Henri Christophe, ancien esclave devenu général et gouverneur du Cap-Français, puis autocouronné premier roi d’Haïti en 1811, jusqu’à son suicide en 1820 pour repousser une possible nouvelle tentative d’invasion française. Le roi choisit pour planter son fort le pic Laferrière (969 mètres), qui surplombe toute la partie nord du pays jusqu’à la mer. Mais l’ennemi n’est jamais venu… Et les quelque 200 canons et les milliers de boulets sont restés et resteront muets à jamais.

Quant au palais Sans-Souci, il n’en subsiste que des ruines qui laissent imaginer la vie de ce roi despote au début du XIXe siècle. La beauté de ce « Versailles haïtien », comme le surnomme Maurice Étienne, guide et propriétaire du centre culturel Lakou Lakay, à Milot, avec ses jardins qui rappellent ceux de Potsdam, en Allemagne, repose en grande partie sur son site en montagne.

Vidéo du restaurant Lakou Lakay

Flash is required!

Depuis 1978, la citadelle Laferrière, le palais Sans-Souci et le site fortifié des Ramiers dépendent du Parc national historique classé au Patrimoine mondial par l’UNESCO en 1982. Les monuments ont été inscrits officiellement sur la liste du Patrimoine national en 1995.

On accède au Parc national historique à partir de la commune de Milot, située à une vingtaine de kilomètres de Cap-Haïtien. De là, le visiteur a le choix : grimper à pied les sept kilomètres qui mènent à la citadelle ou se rendre en véhicule jusqu’au stationnement de Choiseul et faire le dernier kilomètre et demi à pied ou à cheval, accompagné d’un boy local.

Au sommet des plus hautes murailles, on contemple le nord du pays. Du côté sud, la savane Diane de Saint-Michel de l’Attalaye ; au sud-est, le bourg de Ranquitte et des massifs de montagnes ; au nord-ouest, les villes Dondon, Fort-Liberté, puis la haute mer ; au nord, la ville du Cap, située à une vingtaine de kilomètres de la citadelle ; et à l’ouest, la baie de l’Acul, les massifs du Limbé, de Port-Margot, et la chaîne de la Soufrière de l’acul. Une sacrée leçon de géographie !

Se rendre

La compagnie aérienne haïtienne Sunrise Airways relie deux fois par jour Port-au-Prince à Cap-Haïtien.

Air Transat assure une liaison hebdomadaire tous les mercredis entre Montréal et Port-au-Prince. Les forfaits de Vacances Transat sont offerts sur une base mensuelle. Outre le duo « ville et plage » (Port-au-Prince et côte des Arcadins), le voyagiste offre à son programme 2013-14 un forfait « à la carte » qui comprend deux nuits à Port-au-Prince, deux nuits sur la côte des Arcadins et trois nuitées libres. La compagnie aérienne haïtienne Sunrise Airways relie deux fois par jour Port-au-Prince à Cap-Haïtien.

Où dormir

L’Habitation Jouissant est une bonne adresse à Cap-Haïtien. L’hôtel-boutique est situé en hauteur et offre une très belle vue sur la mer et la ville.

L’Habitation Jouissant est une bonne adresse à Cap-Haïtien. L’hôtel-boutique est situé en hauteur et offre une très belle vue sur la mer et la ville. Le personnel est accueillant et la table d’hôte, très bonne. habitationjouissant.com. Aussi, Cormier Plage Resort, sur le bord de la mer, à une vingtaine de minutes en voiture de Cap-Haïtien et à cinq minutes de Labadie. Très belle plage, excellentes langoustes, bon lambi et ceviche. Ces deux hébergements proposent des visites dont celles de Cap-Haïtien et du Parc national historique.

Où manger et danser

Le restaurant La Kay est un endroit est chaleureux et le est menu, varié. L’endroit se transforme en discothèque le soir : idéal pour pratiquer le kompa.

Le restaurant La Kay, rue Sainte-Catherine et boulevard Carénage. L’endroit est chaleureux et le menu, varié. Un moment opportun pour goûter au poulet aux noix de cajou. L’endroit se transforme en discothèque le soir : idéal pour pratiquer le kompa. 509 3750-5929/3702-9336.

 


 

Jean Alex Jean Louis Philippe

Rédacteur en chef

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